lundi, avril 20, 2026

Taxe sur les robots / interview dans l’Express

Interview dans l’Express
Benoit
Hamon, le candidat du PS, défend la taxation des robots. Une idée également soutenue
par Bill Gates. Cette proposition est-elle saugrenue ?
D’un point de vue
politique, l’idée peut séduire tant le débat sur les destructions d’emplois
liées à l’automatisation et au numérique est dans l’air du temps. On ne peut
pas nier les effets du progrès technologique. Des suppressions de postes ont
lieu, certains y sont plus exposés, et on doit faciliter leur reconversion. Mais
du point de vue économique, taxer les robots serait une erreur aux conséquences
défavorables à l’emploi.
Pourtant
cette taxe permettrait de financer la reconversion des salariés qui ont perdu
leur poste…
Le lien entre
robotisation et chômage n’est pas évident. Nous souffrons d’un chômage de masse
alors que notre industrie a moins de robots que la moyenne des grands pays. Pour
être plus compétitive, la France doit donc accélérer ses investissements
productifs car c’est ainsi que l’on crée les emplois à forte valeur ajoutée qui
évitent la concurrence frontale des pays à bas coûts. Taxer les robots aurait
l’effet inverse.
Mais alors,
que faire ?
Pas ralentir le
progrès ni taxer les profits liés aux robots davantage que ceux liés à des
rentes ! Un ordinateur est un « robot logique » et le
développement du traitement de texte supprime des emplois de secrétaire, faut-il
aussi taxer les ordinateurs et les logiciels ? Taxer l’intelligence des
salariés quand elle permet de produire plus par emploi ? Ce qu’il faut, c’est
des prélèvements clairs et non discriminatoires sur les profits, la
consommation ou la pollution plutôt que les robots ou les salaires. Et investir
sur l’orientation, la formation et tout ce qui favorise l’insertion dans
l’emploi et la productivité !

Propos recueillis par Béatrice Mathieu
À propos

Dédié à l'analyse des questions économiques, sociales et environnementales de long terme, L'Observatoire du Long Terme se fixe pour objectif de donner davantage de visibilité à ces enjeux dans le débat public. Dans ce contexte, il donne la parole à des contributeurs variés, avec pour seul critère le caractère étayé des arguments présentés.

L'Observatoire est indépendant, ne reçoit aucune aide financière et repose sur le volontariat de ses contributeurs, de son bureau, présidé par Vincent Champain et Bruno Fuchs.

Sur le même sujet

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Du même auteur

Les prix du pétrole : moins de 1 % de notre problème de pouvoir d’achat

Publié dans l'Express Le pouvoir d’achat est redevenu la première préoccupation des Français. Selon la dernière note de conjoncture de l’INSEE, la crise du détroit d’Ormuz...

Claude 4.7 : un peu plus performant, deux fois plus cher

Mise à jour du benchmark des principaux modéles d’intelligence artificielle au 18 avril 2026. Chaque modéle est positionné en fonction de son cout par...

500 milliards par an pour l’IA, ou est passée la productivité ?

Publié dans les Echos le 7 avril 2026. Les investissements dans l’intelligence artificielle atteignent 500 milliards par an, si l’on additionne les investissements du capital...

Présentation de « Le Grand Décrochage » sur BFM, la librairie de l’Eco.

Pourquoi la productivité est importante même face aux crises actuelles, pourquoi la France a décroché et comment réduire ce décrochage ?Retrouver ci-dessous l'interview sur...